Bien choisir un âne, le nourrir et le soigner au quotidien, lui construire un abri adapté à ses besoins, le mener et le conduire sans heurts, l'amener à se reproduire, éduquer un ânon... tout celà ne s'improvise pas.
Conçu par deux spécialistes, cet ouvrage pratique fait le tour de la question et vous donne toutes les bases pour mieux connaître l'âne, mieux comprendre son comportement et son caractère, savoir quoi faire en toutes circonstances et, pourquoi pas, démerrer un petit élevage.

Vous y découvrirez à chaque page de nombreux conseils pratiques, des photos et photos-gestes pour vous guider au quotidien, des points de repère techniques, mais aussi des légendes, des images d'Epinal, des dictons, des proverbes...

 

«Asinus asinum fricat» - l'âne frotte l'âne. C'est un des plus vieux dictons qui dure et perdure dans l'inconscient général. Il permet de différencier les imbéciles des intelligents, sachant que l'on a dit "bête comme un âne " et " faire l'âne pour avoir du son". Ce qui exprime avant tout l'éternel état d'esprit contradictoire de l'humain. Je préfère donc me faire traiter d'âne.

"Têtu comme un âne". Les asinophiles savent que cela correspond à la réflexion chez l'âne, et si les humains prenaient le temps de réfléchir plutôt que d'obéir, ils feraient moins d'âneries, ou d'humâneries...

Le cheval est la plus noble conquête de l'homme. La preuve : le cheval court après les bénéfices et l'âne les rattrape". "le cheval se dresse, l'âne s'éduque". Il est évident que la pédagogie à mettre en application n'est pas la même, car l'âne a conquit l'homme.

Ce deuxième livre vous permettra de découvrir le comportement de cet animal méconnu à travers lequel l'humain n'a cessé de s'identifier en ânonnant, tout en oubliant qu'ânonner signifie avant tout "mettre bas" chez l'ânesse.

 

Pour tous détails supplémentaires, contactez l'auteur au 02-54-72-50-14

 

 

Quelques extraits, dictons et photos tirés du Livre de l'âne

"Brailler comme un âne"

Se dit quelqu'un qui crie pour rien car le cheval hennit, l'âne brait et l'homme braille.

Quand l'âne brait, ses braiments s'entendent et se reconnaissent de très loin.

Quand l'âne bâille, il est temps de se reposer.

 

 

Parole de bourricotier

Un historien sénégalais, Cheikh Anta Diop, avance l'idée que "l'âne fut introduit en zone sahélienne vers 525 av. J.-C.". Après la chute du pouvoir pharaonique, des migrations partiront de la vallée du Nil avec des ânes fortement chargés d'armes et de matériel divers.

Aujourd'hui, l'âne accompagne les bergers peuls lors des grandes transhumances. Au Sénégal, il reste très lié à la culture de l'arachide et à l'extraction de l'eau. Si, pour la grande majorité de la population africaine, l'âne n'a aucune valeur bouchère, certaines tribus du Cameroun, du Kenya, du Burkina Faso et du Tchad consomment la viande et le lait des ânesses.

Notre âne domestique est bien le descendant de ces ânes africains dont la silhouette (longues oreilles), le caractère (attention, frugalité) doivent beaucoup à leur milieu d'origine. C'est de fait un grand Saharien, fort de sa patience et de son entraînement à l'ascétisme. Les ânes étaient placés en tête des caravanes de chameaux ou de dromadaires, car leur intuition et leur mémoire permettaient de rejoindre la bonne destination et surtout les points d'eau.

C'est aussi le chameau du pauvre ; tandis que le chameau assure le courrier au long cours à travers le Sahara, l'âne parcourt ce désert comme sur un chemin vicinal, compagnon des plus pauvres, tel le frère Charles de Foucault, au début du XX ème siècle. Lorsqu'il quitta son ermitage de Beni-Abbès le 13 janvier 1904 pour monter au Hoggar, seuls l'accompagnaient "une ânesse portant la chapelle, les provisions, et l'ânon qui ne portait rien".

 


"Un âne ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre"

La mémoire de l'âne est incontestable.

 

Parole de bourricotier

Mon voisin se plaignait toujours des renards qui lui enlevaient ses poules, souvent en plein midi ; il avait beau crier, gesticuler, rien n'y faisait. Je lui dis : "Achète un âne." Chose dite chose faite et, depuis, maître goupil a changé de territoire.

Lors d'une battue, un sanglier s'est aventuré dans la pâture de l'âne ; en un éclair il a chassé le solitaire dans une course effrénée. Un chasseur imprudent s'était aventuré dans le parc aux ânes, son chien reniflait de-ci de-là sans se préoccuper des animaux. Un mâle castré de 25 ans a chargé le chien, lui sautant dessus, le mordant et le piétinant ; le chasseur l'a récupéré de justesse dans un triste état.

Une ânesse avait pour habitude d'aller dans un bar de Guzet-Neige (Ariège) pour déguster les mégots qui traînaient dans les cendriers. La porte d'entrée s'ouvrait vers l'extérieur et nombreux étaient les clients qui, voulant entrer, insistaient en poussant cette porte pour l'ouvrir. L'ânesse avec ses babines, baissait la poignée en tirant la porte puis calait cette dernière avec son sabot et ouvrait avec sa tête, au grand étonnement des "ânes" à deux pattes.


"Bête comme un âne"
"Faire l'âne pour avoir du son"

Il cherchait son âne alors qu'il était monté dessus.
Se faire plus bête que l'on n'est pour obtenir ce que l'on désire.
Ces deux dictons sont la preuve irréfutable de notre état d'esprit contradictoire permanent.

 

La France des ânes

 

 

Le bardot, un accident de pâturage

 

Le bardot (bardote au féminin) est le fruit du croisement entre un cheval (étalon) et une ânesse après douze mois de gestation. Peu apprécié des éleveurs, c'est souvent le résultat d'un accident de pâturage. Sa taille est généralement plus réduite que celle du mulet ; loin de posséder les qualités de ce dernier, il reste peu recherché.

A la naissance, il est légèrement plus grand que l'ânon. Sa tête est plus fine, au port plus haut ; ses oreilles sont moins longues, ses yeux, plus ronds, moins protégés par l'arcade sourcilière, ses naseaux, plus ouverts, ses mâchoires, plus larges et souvent prognathes, soit grignardes (la mâchoire inférieure passe par-dessus la mâchoire supérieure) soit béguës (le contraire).

Son cou est plus fin, la crinière, plus épaisse, la raie noire, parfois marquée, même si la mère à une robe unie, la bande cruciale est plus rare. Le poitrail est plus ouvert, la canon, plus long, les sabots sont plus larges et moins droits, la corne est moins dure.Le corps est plus râblé, la croupe, plus ronde, la queue est plus courte et plus fournie en crin, attaché plus haut. Le poil est moins épais et moins doux, la mue est plus précoce, la couleur de sa robe tire vers celle du père.

Le bardot mange et boit plus, il mâche plus rapidement. Son cri est mitigé, mais se rapproche du hénnissement. Il est beaucoup plus dépendant de sa mère, moins curieux et moins câlins ; très peureux, il court très vite sans gérer sa résistance.

Son pas est peu sûr, il supporte moins la charge, mais reste capable de performances à l'attelage ; ses allures sont celles du cheval, sa longévité est de trente ans environ. Ses traits de caractère dominants sont ceux du cheval. Le mâle a des érections, la femelle, des chaleurs, mais bardot et bardotte restent stériles.


Parole de bourricotier

 

Le pont aux ânes comme le gué aux ânes sont des toponymes fréquents dans certaines campagnes, surtout près des moulins à eau. Le brave ânier qui menait son grain vivait là de grands moments devant le refus de son âne pour traverser le ruisseau. Les imbéciles frappaient l'animal arfois jusqu'au trépas. Celui qui avait un peu plus de pédagogie entre les oreilles prenait son temps afin de mettre son âne en confiance ; il arrivait toujours tranquillement au moulin. L'imbécile heureux qui est toujours pressé d'aller nulle part transportait les sacs de blé sur son dos et avait perdu son âne !



"Brider un âne par la queue"

Ce dicton signifie s'y prendre à l'envers

"Qui tient tête à son âne, âne devient"

L'âne a toujours le dernier mot.



Toutes le couleurs du noir au blanc :  
* Bai : les poils sont fauves, les extrémités, noires, les yeux sont foncés. On distingue les nuances bai clair, bai, bai foncé et bai cerise.
* Pie Sabino : contour des taches très déchiqueté, mélangé, dentelé.
* Pommelée : robe blanche tachetée de ronds noirs (en provenance d'andalousie).
* Rose saumon en été lie-de-vin en hiver (plus foncé).
* Souris : les poils sont gris cendré, les crins, gris cendré à noirs, les yeux, foncés. Présence fréquente de raies de mulet et de zébrures.
* Chocolat : treme employé lorsque l'identificateur ne sait pas si les crins sont noirs ou marrons. La peau est foncée, les yeux sont foncés.

 

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