Les avantages
Les inconvénients
Ni avantage ni inconvénient
Va-t-on plus ou moins vite avec un âne ?
Conclusion
Les assurances
Louer un âne
Le matériel nécessaire
Le licol
La Longe
Le mors
La couverture
Le coussin
Le bât

Le harnachement
L'avaloire
La bricole
La sous-ventrière
Les courroies de rappel

Les sacoches
Les autres objets du bagage
Le piquet de nuit
 

Les Avantages

Premier avantage : on ne porte plus. C'est en général l'argument avancé par ceux qui souhaitent marcher auprès d'un bourricot. Nous verrons que la présence d'un petit âne va bien au-delà de son rôle de porte-bagages. C'est pourtant souvent comme cela que commence la belle histoire d'amour entre un bourricot et sa famille d'accueil.

Un âne peut porter des charges extrêmement lourdes, sur de très longues distances, et sans qu'il en souffre aucunement. On a écrit des kilomètres de stupidités sur le nombre maximum de kilos qu'un âne peut porter. Certes, autrefois, des abus ont eu lieu, et beaucoup de pauvres bêtes, écrasées sous le fardeau, ont vécu des existences d'esclaves. Aujourd'hui encore, en certains pays, on voit de pauvres bourris peiner sous le poids d'un homme et de multiples paquets.

Certains en ont conclu qu'il fallait désormais, pour expier cette cruauté passée, traiter nos modernes ânes comme des toutous de salon... Or un animal aime travailler. Mais un âne est comme un chat, c'est un animal indépendant : il ne travaille pas par contrainte, mais par amour de son maître.

Revenons à la question du poids, et comparons avec le sac à dos : un randonneur de 70 kilos va couramment porter sur le dos un sac de 14 kilos, toute la durée de ses vacances, et sans en mourir. Si votre âne pèse quatre fois plus, soit 280 kilos, il peut donc logiquement porter 4X14, soit 56 kilos... Mais il possède quatre pattes et une structure osseuse beaucoup plus solide que la nôtre. Voilà pourquoi 70 ou 80 kilos ne sont pas grand chose pour lui.

Ferdinand, l'âne globe-trotter qui accompagne Jacques Clouteau sur ses longs périples, durant des semaines et des semaines de marche, porte entre 50 et 60 kilos 30 kilomètres par jour... Allez voir les aventures de Ferdinand pour vous familiariser avec la randonnée.

En résumé, un âne peut porter le bagage de deux randonneurs, voire d'une famille entière, sans que cette charge le fatigue exagérément

Deuxième avantage : le petit compagnon. Un âne est un compagnon fantastique. Très discret, très secret, il semblera au premier abord distant et renfermé. Mais rapidement, par de petits signes, il saura vous montrer son affection. Un âne adore les enfants et rien ne lui plaît tant que de se faire caliner par nos chers bambins.

Troisième avantage : le lien avec les populations. Rien n'est plus sympathique que la bonne tête et les longues oreilles d'un petit âne traversant un village. La confiance des habitants est souvent acquise au premier abord, car celui qui voyage au pas d'un animal ne saurait être un voleur de poules. Toute demande faite auprès des habitants, comme la demande de planter la tente, en sera facilitée.

Quatrième avantage : l'économie. Un âne ne coûte rien. Son bonheur, c'est l'herbe du talus et la ronce des sous-bois. Les éventuels compléments, avoine, orge ou granulés divers, ne sont que des gourmandises superflues dans la plupart des cas.

Cinquième avantage : la drôlerie. L'âne est un animal facétieux et farceur, qui va imaginer quelquefois les pires bêtises pour se rendre intéressant... Il se passe rarement une journée sans qu'il n'invente une nouvelle pitrerie...

 Les inconvénients

Premier inconvénient : le choix de l'itinéraire. On ne va pas avec un âne n'importe où. Certains endroits sont dangereux, et d'autres tout simplement impraticables. Oubliez tout de suite la partie nord du GR 20, qui traverse la Corse, ou la "Via ferrata" des Dolomites, car certains passages sont en semi-escalade.

De même, il est recommandé d'éviter la traversée des villes trop importantes. Non pas à cause de l'âne, que la circulation dérange à peu près autant qu'un moustique, mais à cause de l'attitude des automobilistes. Ceux-ci ne sont plus habitués à cheminer sur le même trajet qu'un animal, et ne connaissent plus les règles de prudence à adopter quand on croise ou dépasse un petit bourri.. C'est ainsi que Ferdinand, le célèbre âne globe-trotter, est responsable de la perte définitive de deux magnifiques rétroviseurs, qui ne demandaient pourtant qu'à rester accrochés à leur portière...

Dans le même chapitre, il convient d'éviter les endroits où se presse la grande foule des touristes. S'il est amusant les premiers jours d'être l'attraction permanente et de répondre aux mille et une questions du bon peuple en délire, la répétition devient très vite lassante. Et l'âne n'appréciera pas forcément d'être palpé en permanence par des centaines de paluches...

Deuxième inconvénient : la halte. Un âne a besoin, le soir, d'herbe et d'eau si l'on veut qu'il effectue son travail le lendemain sans rechigner. Donc on effectue la halte nocturne plus en fonction de cette nécessité que de ses propres désirs. Avant d'aller dormir à l'Hôtel des Voyageurs, dont le menu vous a fait saliver, assurez-vous qu'il existe dans les environs immédiats une pâture assez étendue pour que Maître Cadichon puisse y brouter son content.

Troisième inconvénient : Le voyage de retour. Si vous effectuez une randonnée en boucle qui vous ramène à votre point de départ, il ne se pose alors aucun problème. Mais si vous souhaitez faire un trajet linéaire, il vous faudra laisser Cadichon à l'arrivée, aux bons soins d'une personne, revenir au point de départ par bus ou train, et repartir avec un véhicule adapté récupérer votre orphelin qui pleure au bout de sa longe... Ce trajet aller-retour peut prendre du temps et grignoter la durée des vacances.

 Ni avantage, ni inconvénient

Et voilà un argument qui n'est ni un avantage, ni un inconvénient : Au bout d'une journée de marche, votre âne n'aura plus aucun repère géographique lui permettant de retrouver son pré ou son écurie. Vous deviendrez alors son seul repère, et il vous suivra aveuglément, tout comme un petit enfant se colle à ses parents lorsque la foule se fait pressante. Il vous offrira sa fidélité et son courage, attendant en contrepartie de votre part gentillesse et affection. Cet échange mutuel porte un nom : c'est l'amour...

 Va-t-on plus ou moins vite avec un âne ?

Puisque que nous en sommes au grand déballage des "pour" et des "contre", tordons tout de suite le coup à une légende qui voudrait que l'on avance moins vite ou moins longtemps avec un âne que sans. D'abord un âne marche à la vitesse de son maître, surtout si on lui laisse la bride sur le cou. Ensuite un âne effectue les mêmes étapes que son maître, que celui-ci marche quinze ou trente kilomètres dans sa journée. Tout comme l'homme, l'âne sera fatigué les premiers jours, le temps que ses muscles s'affermissent. Mais sa résistance est telle qu'il avalera rapidement les kilomètres comme les épis de maïs.

On pourrait citer le cas d'ânes ayant dépassé largement les 35 kilomètres chaque jour durant une longue période, mais la médaille revient sans doute au bourricot Bijou de Geneviève Duboscq, sur le chemin de Jérusalem, qui a brouté un jour ses 70 bornes...

 Conclusion

Bien entendu, vous l'avez compris, les avantages compensent largement les inconvénients, et la complicité qui se crée rapidement entre l'âne et sa famille d'accueil est un creuset de bonheur. Quand vous aurez passé quelques jours ou quelques semaines près des oreilles d'un petit bourricot, vous ne serez plus jamais les mêmes.

Et il y a fort à parier que vos enfants feront une tête longue comme la Tour Eiffel si vous leur proposez l'année suivante des vacances chez le cousin Emile pour y taquiner le goujon...

Les assurances

Si vous partez avec votre propre âne, assurez-vous que vous êtes bien couvert par votre assurance "responsabilité civile". En effet, vous êtes totalement responsable des dégâts que provoquera éventuellement votre animal. Ceuc-ci peuvent être bénins, comme la taille complète de la plate-bande des rosiers rarissimes de votre voisin, ou beaucoup plus graves, comme l'accident d'automobile dont le conducteur se sera mis au fossé pour éviter Cadichon brusquement échappé à votre contrôle.

En règle générale, les polices d'assurance considèrent l'âne comme un animal familier, et vous n'avez pas à payer d'extension de police.

Si vous louez un âne, celui-ci sera couvert par le loueur dans la police "responsabilité civile" de son entreprise. Mais comme vous êtes, le temps de la randonnée, celui qui "dirige" l'animal, vous devenez automatiquement responsable ou co-responsable des dégâts qu'il peut occasionner.

Attention : si vous avez loué un âne, et qu'il se met à pleuvoir trois jours de suite, ce n'est pas de la faute du loueur... Il est par conséquent tout-à-fait inutile de revenir au gîte de départ trempé comme un ragondin pour demander le remboursement de vos vacances... Si vous souhaitez vous couvrir contre ce genre d'avanies, prenez une assurance-annulation, en étant certain qu'elle couvre tous les cas de vacances gâchées... Ceci dit, la nature sous la pluie est très belle. Si vous ne me croyez pas, parlez-en à n'importe quel escargot...

Louer un âne

C'est certainement la meilleure façon d'apprivoiser ce nouveau mode de vacances. Il existe en France presque 400 professionnels qui louent des ânes de randonnée à la demi-journée, à la journée, ou à la semaine, selon votre besoin. Les tarifs sont modestes et le bonheur assuré.

Vous trouverez dans la table des matières, à la rubrique "Les Professionnels de l'âne" la liste des professionnels participant à ce site Internet, et le détail de leurs prestations.

Les endroits où sont installés ces loueurs sont en général des zones naturelles, sillonnées de nombreux chemins, où vous ne craindrez pas trop la confrontation avec une automobile. Vous pourrez ainsi faire vos premières armes de conducteur d'âne sans risque.

La plupart des loueurs possèdent également une structure d'accueil, chambre d'hôtes, camping à la ferme, gîte d'étape ou gîte rural.

Le matériel nécessaire

Pour partir randonner avec votre âne, il faut lui offrir un sac à dos confortable. L'objet en question s'appelle un bât. C'est une sorte de selle posée sur le dos de l'aimal, comportant des crochets sur lesquels vous allez accrocher le bagage.

Il existe plusieurs sortes de bâts, chacun étant adaptée à un usage particulier.

Il existe aussi, pour un même bât, plusieurs possibilités de sanglages et de harnachement.

On ajoute en général, avant de poser le bât, pour des raisons évidentes de confort de l'animal, et afin d'éviter toute blessure, une couverture et un coussin.

Le licol

Le licol est la sorte de muselière qui entoure la tête de l'âne. Il en existe plusieurs catégories, en sangles de nylon ou en cuir. Sous le licol est fixé un anneau, sur lequel va venir s'attacher la longe.

Il faut veiller, lorsqu'on part pour une randonnée, à ne pas trop serrer les courroies du licol. En effet, l'animal le porte sans cesse, jour et nuit, et le frottement des sangles au même endroit sur la peau peut finir par le blesser.

La longe

La longe est une corde qui permet au randonneur de mener son animal. Elle comporte un mousqueton clippé sur l'anneau du licol. Suffisamment longue, elle permet aussi à l'âne de brouter en liberté sur une surface assez étendue quand on fait une pause.

Tout savoir sur une longe de qualité

Le mors

Le mors est une pièce de métal qu'on place dans la bouche de l'âne, à l'arrière des dents, et sur lequel sont fixés les deux guides servant à diriger l'animal lorsqu'il est attelé. Le cocher oblige ainsi sa bête à tourner la tête dans la direction souhaitée.

Le mors est attaché au licol par deux petits mousquetons.

A quoi bon, doivent penser certains, avoir un mors si l'âne est simplement bâté ? Il est vrai que dans l'immense majorité des cas, vous n'aurez pas besoin de cet instrument de torture. Mais vous pouvez tomber sur un animal au caractère très fort, qui refusera tout net de vous obéir dans les premiers temps de votre collaboration. Le guider avec un mors sera alors la seule solution pour imposer votre autorité. Ensuite, lorsqu'il vous aura accepté comme patron, vous pourrez lui enlever.

 La couverture

Il est bon de placer une couverture sur le dos de l'âne avant de mettre le bât et son coussin. En effet, le bourricot va porter une journée entière le chargement, et la moindre "bosse" rugueuse, le moindre pli, peuvent générer une plaie. Cette plaie pourra être une simple ampoule, appelée "gonfle" en langage équin, ou une déchirure de la peau, avec mise à nu des chairs et risque d'infection.

Il n'est pas nécessaire d'acquérir une couverture telle qu'en utilisent les cavaliers. Une simple couverture qui traîne au fond de l'armoire, et qu'on n'ose plus sortir parce que trop âgée, fera très bien l'affaire.

Le coussin

Le coussin est l'amortisseur entre le dos de Grisou et le bât. En effet, à moins de faire construire un bât sur mesure, le bât que vous aurez ne sera jamais exactement adapté à la morphologie de l'animal. Les points de frottements pourraient donc le blesser.

Le coussin doit être assez épais pour que le poids du bagage soit bien réparti sur l'ensemble de sa surface, mais assez mince pour ne pas trop surélever le porte-bagages et déséquilibrer la charge.

Un bon coussin est composé de deux pièces de tissu en forte toile, cousues ensemble, et dont l'intérieur est rempli de crin animal ou végétal, ou encore de feutre, matières qu'on trouve dans certaines bourrelleries ou chez les fabricants de sièges.

Tout savoir sur un coussin de qualité

 Le bât

Au sujet des bâts, il existe différentes écoles, et nulle vérité n'est parfaite. L'important est que le petit âne porte sans fatigue et sans blessure sur de longues distances.

Qualité primordiale : il faut choisir un ensemble "bât + bagage" qui ne tourne pas et ne chavire pas d'un côté ou de l'autre de l'âne. Cette qualité est primordiale en zone de relief, car un bât instable peut entraîner une glissade, voire la chute de l'animal dans un ravin.

Bât lourd ou bât léger ? Eternelle question des randonneurs s'apprêtant à charger leur monture au départ du voyage. Avant tout, il faut se souvenir que la notion de poids est très relative pour un âne, car sa puissante musculature et la conformité de son squelette lui permettent de porter plus lourd que nous. D'autre part, il vaut mieux un bât plus lourd, mais confortable, enveloppant bien le corps de l'animal, sans point de frottement, qu'un bât léger qui va rapporter toute la charge sur deux points du corps. C'est la même comparaison qu'entre un sac à dos tyrolien d'avant guerre, dont les barres métalliques sciaient les reins du malheureux boy-scout, et les modernes sacs de montagne à l'armature souple et rembourrée.

Le Bâlissandre Randoline

Un bât est récemment arrivé sur le marché, qui regroupe les qualités de tous les autres bâts existants, mélange de ce qui s'est fait de meilleur dans la tradition et de l'utilisation actuelle de l'âne en loisirs. Robustesse, stabilité absolue et surtout le point essentiel : on peut régler en largeur les arceaux avant et errière, d'une manière indépendante, afin que le bât épouse la morphologie de l'âne.

Tout savoir sur ce bât

Le harnachement

Le harnachement est l'ensemble des courroies qui permettent au bât de rester sur le dos de l'animal, et au bagage de rester accroché au bât. La technique du harnachement remonte à des milliers d'années, et répond à des règles très précises. Les vieux manuels des anciens bourreliers précisent le nom, l'utilité, et la destination de chacune des pièces, ainsi que le morceau de cuir dans lequel elle doit être découpée.

Il faut toujours prendre le plus grand soin à bien régler la longueur des courroies du harnachement. Trop serrées, le frottement va blesser l'animal. Trop lâches, le bât ne tiendra pas en place.

On n'achète pas un bât et son harnachement pour effectuer une seule randonnée, sinon l'investissement serait disproportionné au plaisir. Aussi faut-il raisonner sur le long terme. Certains matériels de bas prix mis sur le marché sont conçus pour une durée de vie très courte, car leurs matériaux ne sont pas de bonne qualité.

Il y a cuir et cuir : une sangle, qu'elle soit sèche ou trempée, doit conserver la même longueur si le cuir dans lequel elle a été taillée respecte certaines normes de découpage et de tannage. Dans le cas contraire, elle peut s'étirer de dix centimètres à la première pluie et rendre le bât totalement folichon.

L'avaloire

L'avaloire (on écrit aussi "avaloir") est la partie du harnachement située à l'arrière, posée sur les fesses de l'âne. Son utilité : empêcher que le bât ne tombe sur les oreilles dans les descentes.

Il existe plusieurs sortes d'avaloires, certaines simplement tenues par deux courroies reliées au bât, d'autres par trois courroies, d'autres encore reliées par un culeron entourant la queue de l'animal.

Certaines sont en cuir, d'autres en cuir doublé intérieurement de peau de mouton, d'autres en toile, d'autres même en bois cintré.

La seule exigence se rapporte au confort de l'âne : sachant qu'au cours de la marche, cette partie du harnachement va frotter à chaque pas, et se mouvoir par un lent mouvement abrasif de droite à gauche. Il est évident qu'une doublure de peau réduira le frottement et évitera à long terme une blessure de l'animal.

La bricole

La bricole est la partie du harnachement située à l'avant, posée sur le poitrail de l'âne. Son utilité : empêcher que le chargement ne bascule vers l'arrière dans les grimpettes.

Mêmes conseils que pour l'avaloire en ce qui concerne la matière.

La sous-ventrière

La sous-ventrière est la courroie qui passe sous le ventre de l'âne, et qui maintient donc le bât solidement attaché sur le dos de l'animal. Elle est généralement faite d'une série de cordes de coton parallèles, formant ainsi une largeur d'environ dix centimètres. Cette largeur est nécessaire pour ne pas cisailler le ventre du bourricot.

Certains bâts comportent deux sous-ventrières, et leur stabilité est ainsi améliorée, mais pas dans un facteur deux, comme on pourrait le croire. En effet, au fur et à mesure de la marche, les deux sous-ventrières ont tendance à se rapprocher de la partie la plus étroite du corps, soit vers les pattes pour la sous-ventrière avant, et vers le fourreau (le sexe) pour la sous-ventrière arrière. Cette position est inconfortable et risque de blesser l'animal. D'autre part, elle diminue la tension, donc risque de faire tourner le bât. Il convient donc de relier l'une à l'autre les deux sous-ventrières, sous le ventre, par une courroie d'une vingtaine de centimètres, afin qu'elles restent bien en place sous l'arrondi de la bedaine.

Les courroies de rappel

Astuce employée sur certains bâts traditionnels, et utilisée par quelques randonneurs au long cours, qui constatent tous le même phénomène lorsque l'âne emprunte des sentiers escarpés : en montée, le bât part en arrière, alors qu'en descente, le bagage se retrouve au ras des oreilles du bourricot. Ce déplacement se produit surtout avec les bâts à croisillons. Il est dû au fait que la bricole et l'avaloire coulissent librement vers le bas ou vers le haut. Bien entendu, le confort de l'animal s'en ressent, et ce manque de stabilité longitudinale peut conduire à des blessures sur le dos.

Pour pallier à ce défaut, il suffit de relier la bricole et l'avaloire par une deuxième courroie à l'anneau de la sous-ventrière, ceci bien entendu sur les deux flancs de l'animal. Ainsi maintenues par deux courroies en "V", le bricole et l'avaloire ne peuvent plus bouger, et le bât demeure exactement à la place qui lui a été impartie. Ces courroies de rappel sont livrées en standard sur certains bâts.

 Les sacoches

La plupart des randonneurs au long cours, avec âne, mulet ou cheval bâté, ont adopté le système des sacoches pour transporter les affaires. Il y a bien une raison à ce choix dicté par l'expérience.

Les sacoches sont accrochées au bât par mille et un systèmes, en général simplement suspendues. Installer ou enlever le bagage du dos de l'âne devient alors un jeu d'enfant. De même, mettre ou prendre quelque chose en route dans une sacoche est bien plus facile que de plonger la main au fond d'un sac. Il suffit de soulever le couvercle.

La sacoche possède une "forme", se pose à terre sans s'avachir, et permet de ranger convenablement son bagage. Ce n'est pas là son moindre avantage lors d'une grande randonnée où le peu de choses qu'on transporte doivent toujours être en parfait état et facilement accessibles.

Ensuite, la sacoche étant accrochée au bât, le centre de gravité du bagage s'en trouve abaissé, et la stabilité de l'ensemble augmentée.

Attention : la longueur de la sacoche doit être calculée en fonction de la taille de l'âne, et de l'écartement entre les pattes avant et arrière. Sur terrain plat, le problème ne se pose pas, mais dans une montée, le coin arrière aura tendance à venir heurter la patte arrière. A l'inverse, dans une descente, le coin avant viendra frotter sur la patte avant. Pour un âne moyen (1,25 mètre au garrot), 60 centimètres sont un maximum. Pour un âne de petite taille, prévoir 50 centimètres.

Attention au matériau des sacoches : en randonnée, il n'existe qu'une seule vérité : ou bien le contenu de la sacoche est sec, et c'est un bon bagage, ou bien c'est humide, et c'est un mauvais bagage. Le reste n'est que mots et concepts bons pour ceux qui sont à l'abri chez eux au coin du feu.

Tout savoir sur des sacoches de qualité

Les autres objets du bagage

On retrouve souvent sur le bât, en sus des sacoches, divers bagages nécessaires à la randonnée. Par exemple la tente, le double-toit, le piquet et la chaîne pour la nuit, la poche de grain, l'appareil-photo, le parapluie, etc... Rappelez-vous que l'âne est un bulldozer, et qu'il avance sans s'occuper vraiment de ce qu'il porte sur le dos. Il faut donc impérativement respecter deux obligations :

1) attacher solidement, par des cordes ou des sandows (tendeurs à vélo) tous les objets.

2) envelopper lesdits objets dans des poches extrêmement solides, si possible en toile de bâche, qui seule peut résister à la rencontre violente avec une branche, un barbelé ou une liane de ronce.

L'attache de nuit

 Par mesure de sécurité, il faut attacher l'âne pendant la nuit, quand on est en randonnée, s'il n'a pas un pré clôturé à sa disposition. Or on n'a pas toujours un arbre pour ce faire...

Il faut donc emmener avec soi un piquet d'attache. L'idéal est un piquet à la pointe vrillée, qu'on entre dans le sol comme une vis. Bien accroché dans la terre, ce piquet a peu de chance d'être arraché par l'âne.

Pour relier l'âne au piquet, il vaut mieux employer une chaîne qu'une corde.

Une corde, si elle est humide, ce qui est le cas pendant la nuit, risque de se resserrer autour d'une patte pour peu que l'âne pose son sabot sur une boucle. On risque alors la "prise de longe" extrêmement dangereuse, et qui peut blesser gravement l'animal. On a connu aussi des ânes rongeant leur corde avec application...

Une chaîne, au contraire, retombe au sol par son propre poids dès que l'âne relâche la tension.

La bonne longueur est 8 mètres, ce qui donne une surface de broutage de 200 mètres carrés.

Tout savoir sur un piquet d'attache de qualité

 Allez dans la rubrique Les Fabricants de Matériel pour plus de renseignements.

Collection technique de livres "Au Fil de l'âne". Un nouveau livre sur la randonnée bourrcotière :

" Randonner avec un âne "

par Jacques Clouteau, 18 ans d'expérience avec Ferdinand sur les chemins d'Europe, tous les conseils pour réussir le voyage avec votre bourricot préféré

Retour au Monde de l'Âne