| Question : Faut-il militer pour faire interdire les courses d'ânes ? |
Réponse du Professeur Asinus : Vaste question, aussi longue qu'un asinodrome, qui divise les amoureux des ânes et les entraîne en de fratricides guerres, s'arrachant les cheveux et se cassant les dents. D'abord définissons le terme : qu'est-ce qu'une course d'ânes ? Prenez quelques bourricots, mâles entiers de préférence, faites-y grimper des touristes de passage, et donnez-leur (aux bourris, pas aux touristes) une claque sur les fesses. Puis attendez quelques minutes. Le spectacle en vaut la peine... L'âne, indiscipliné au-delà du possible (c'est ce qui fait son charme), et ne comprenant pas vraiment quel plaisir il pourrait tirer de cette galopade, avance vers la ligne d'arrivée à son propre rythme. Les uns se mettent au pas de sénateur, d'autres au petit trot, quelques rares au galop. Les plus délurés prennant carrément le circuit dans l'autre sens. La plupart cherchent à se débarasser de leur charge encombrante... Et certains, prenant le terrain comme un baisodrome, ne se gênent pas pour essayer de perpétuer l'espèce en pleine course... Au bout du compte, c'est une jolie panique sur le terrain, bien loin de la stricte organisation d'un hippodrome... Certains amis des ânes pensent que le spectacle est humiliant et dégradant pour les ânes, car leur indiscipline peut être prise comme de la bêtise. Alors que les éleveurs et les randonneurs savent bien que ce sont des animaux d'une grande intelligence. Il faut dire aussi que certains individus n'hésitent pas à fouetter l'âne vigoureusement pour l'obliger à courir vite et dans le bon sens. D'autres personnes goûtent le côté comique de ces courses. Finalement, l'âne y est considéré comme un grand farceur, et c'est l'homme qui devient ridicule devant le je-m'en-foutisme affirmé de l'animal... Alors quelle est la vérité ? Est-il plus dégradant pour un âne de courir autour d'une piste, ou de tirer une charrue des heures durant ? La vérité est au fond de nous, dans le regard que nous avons sur l'animal, dans le respect que nous lui portons en tant qu'être vivant. Le reste ne sont que des réactions épidermiques..., des trucs à attraper des boutons partout... |