La Traversée de Paris

Samedi 4 octobre 1997

Le ciel est d'un bleu à partir en vacances, et devant la basilique de Saint-Denis se sont rassemblés des milliers de randonneurs venus fêter le 50ème anniversaire de la FFRP.

En effet, voilà 50 années que les célèbres petites marques rouge et blanche décorent arbres et murets dans les chemins de campagne, transformant d'obscurs sentiers de traverse en de glorieux GR, que le monde entier, la chose est bien connue, nous envie...

Ferdinand, comme il se doit, ne pouvait pas manquer une telle occasion de faire admirer son pelage et de faire caresser son doux museau...

Mais voici que Corinne, unanimement connue dans le milieu des ânes, décide de se joindre à la fête en emmenant Capucine, sortie de la Maison Lacuche & Causse. Autant vous dire que Capucine connaît plus les chardons du Lot que le pavé de la capitale.

Signes distinctifs de Corinne, pour ceux qui ne l'ont jamais rencontrée : elle porte la plupart du temps un béret plus grand que la place St Pierre, et quand elle rit aux éclats, le plus sonore braiement de nos ânes ressemble au vagissement d'un nouveau-né...

14 heures : le départ est donné et la troupe de marcheurs enfile les rues piétonnes de saint-Denis, puis le chemin de halage du canal Saint-Denis, longe le Stade de France alors en cours de finition, et prend pied sur des boulevards grouillants d'automobiles.

Dès le départ, nos deux bourricots ne supportent pas d'avoir des randonneurs marchant DEVANT eux, et se fraient un chemin à grands coups de sacoches jusqu'à être aux premières loges... C'est comme ça depuis 2.000 ans, quand le petit Jésus est né...

La première difficulté survient quand la troupe se présente devant la passerelle métallique de la cité de la Villette. Ce n'est certes pas la première fois que nos ânes voient un pont sur un canal... Oui mais voilà, ils sont 10.000 sportifs derrière qui piaffent et jacassent très fort, et nos petites bêtes prennent peur. Il faudra donc "porter" Capucine pour qu'elle consente à monter les escaliers. Quant à Ferdinand, il opposera un refus tout net, et l'inertie de ses 250 kilos. Il fera donc tranquillement le détour par la passerelle voisine, toute aussi effrayante, mais beaucoup plus tranquille...

Ce sera l'occasion pour Corinne et Jacques, les deux âniers, d'entendre quelques réflexions d'une haute portée culturelle et moralisatrice sur ces pauvres animaux qui n'ont rien demandé et qu'on oblige à travailler comme des bêtes...

Enfin, après une vingtaine de bornes, voici que se profilent à l'horizon de notre fatigue toute relative les flèches de Notre-Dame. Ici se réunissaient les différents itinéraires qui traversaient la capitale pour une ultime retraite aux flambeaux.

Nous y retrouvions Géraldine et François (voir Pays'âne dans la rubrique "Où trouver un âne pour partir en vacances"), venus de la Creuse avec deux bourris. En tout quatre ânes pour 50.000 randonneurs...

Un peu plus tard, Ferdinand et Capucine, poursuivis par les mille cornemuses du bagad, et encadrés de deux véhicules de la Police Nationale, feront leur entrée sur la place de l'Hôtel de Ville, où deux factionnaires en grand uniforme leur ouvriront les portes.

Que d'honneur pour nos gentils bourricots...

Le lendemain, sur les pelouses du Trocadéro, au Village de la Randonnée, les deux héros broutaient tranquillement, sous l'oeil impassible de la Tour Eiffel qui annonçait une kyrielle de jours avant l'an 2.000...

Mais qu'est-ce que le temps qui passe pour un âne ?...

Quelques photos...
(Cliquez pour agrandir)

Devant la basilique Saint-Denis, les héros de la journée :

= Corinne et Capucine

= Jacques et Ferdinand

Réflexion d'un jeune Maghrébin voyant descendre nos ânes de la bétaillère : Tiens voilà des chameaux... Certes, Ferdinand est un peu enveloppé, mais quand même...

Le petit câlin avant les kilomètres de macadam et les hectomètres cube de gaz carbonique...

Entendu en passant près des oreilles :

- "Ferdinand, sois mignon, fais semblant d'être heureux d'être content..."

Nos deux ânes s'impatientent...

Ferdinand : "Alors, on se la fait cette marche ridicule d'à peine 20 kilomètres ..."

Capucine : "Ouah, le beau mâle..."

Le long du canal Saint-Denis : certains passages sont très étroits, notamment sous les ponts, et nos deux porte-faix hésitent à s'y engager. Derrière eux, un bel embouteillage de 5.000 marcheurs...

 

Près de la Géode, à la Cité de La Villette.

Ferdinand à Capucine : "T'as vu derrière nous le gros crottin tout brillant. Celui qu'a pondu ça devait couver quelque sournoise maladie..."

Arrivée devant Notre-Dame. Ferdinand, Roi des Ânes et Roi d'Aragon, se sent à l'aise devant une cathédrale à sa mesure.

 

Corinne et Capucine arrivent quelques minutes plus tard.

Capucine, s'adressant à Ferdinand : "Si tu veux me faire plaisir, appelle-moi Esméraldâne..."

Lauriane se disant tout-à-coup : "Et si on faisait un site Internet sur les ânes..."

Ferdinand : "Qu'on m'apporte une botte de foin, je ne broute pas le pavé, moi..."

Capucine : "Et une brouette de carottes"

 

Retour à l'histoire des aventures de Ferdinand