
Les topo-guides existants, s'ils possèdent une partie
historique et descriptive très bien documentée,
sont toujours en retard par rapport à l'infrastructure
du chemin, et donnent peu de détails sur le prix des hébergements.
D'autre part, ils ne donnent la plupart du temps que les services
situés sur le chemin lui-même.
Cet ouvrage regroupe l'ensemble des intervenants offrant accueil,
hébergement, ravitaillement et autres services sur le chemin
entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Santiago, sous un poids calculé
au plus juste (on essaie de rester tout près des 200 g
en pages utiles)
Chaque service est détaillé au niveau des possibilités
et des tarifs. Ces précisions éviteront au randonneur
de perdre du temps en se présentant à la porte des
hôtelleries dont les tarifs ne sont pas en accord avec son
budget.
Dans le miam-miam-dodo, nous avons également indiqué
d'autres hébergements ou services, situés à
quelque distance du chemin (5 km maximum), quand ceux-ci présentent
un intérêt particulier pour le pèlerin. Ainsi
le cycliste, pour lequel cinq kilomètres sont peu de choses,
ou encore le marcheur prévoyant, pourront faire un léger
détour pour se diriger vers l'hébergement de leur
choix.
Ami pèlerin, bon voyage !
Le budget nécessaire pour aller à Compostelle
n'est pas élevé. Marchant à pied ou roulant
à bicyclette, vous n'avez ni électricité,
ni téléphone, ni gaz, ni chauffage à payer.
Restent deux choses essentielles : la nourriture et l'hébergement.
Si vous fréquentez les gîtes et popotez vous-mêmes,
sachez qu'une dizaine d'euros seront largement suffisants pour
assurer la nourriture de la journée. Il est même
probable qu'il vous restera un peu d'argent pour aller de temps
à autre grignoter dans un petit restaurant.
Le prix d'une albergue (gîte pour pèlerin)
se situant entre 3 et 8 euros, il vous faut ajouter cette somme
pour profiter d'une douche chaude et dormir à l'abri d'un
toit.
L'un dans l'autre, et sachant que la vie est un peu moins chère
dans les campagnes espagnoles, dites-vous qu'avec 15-20 euros
chaque jour, vous arriverez sans mourir au bout du chemin. N'oubliez
pas également de compter le billet de retour en train,
autobus ou avion.
Et n'oubliez pas non plus d'activer l'option internationale sur
votre forfait téléphonique, qui va vous ruiner rapidement
!
Certains rêvent d'effectuer le pèlerinage de Compostelle
avec un cheval. C'est là une chose fort méritante,
car l'entretien d'un cheval à l'étape est une tâche
prenante. Si votre monture est habituée à dormir
en plein air, elle sera particulièrement heureuse sur le
chemin.
Ce guide donne une série d'hébergements qui ont
de la place pour des chevaux, ou bien encore des centres équestres.
L'ouvrage précise si votre pur-sang favori aura un abri
à sa disposition ou seulement une prairie clôturée,
ce qui n'est déjà pas si mal. Quelquefois, en raison
de l'absence de clôture, vous devrez attacher votre animal.
N'oubliez donc pas dans votre panoplie la longe ou la chaîne
pour la nuit, suffisamment longue pour que le cheval puisse brouter
tout son saoul. S'il ne va pas dans un centre équestre,
le cavalier pourvoira lui-même à l'achat de l'aliment
complémentaire (orge, avoine, granulés), car les
autres hébergements (hôtels, casas rurales) ont rarement
de nourriture en stock. On trouve en Espagne des magasins et coopératives
agricoles pour se ravitailler. Il suffit de demander dans les
villages.
La randonnée à cheval étant toujours plus
contraignante que la randonnée pedibus jambis, le cavalier
veillera à téléphoner avant son départ,
afin de préparer ses étapes suivant le degré
de confort nocturne qu'il souhaite pour lui et son animal.
La saison idéale pour voyager avec un animal en Espagne
est le printemps. En effet, jusqu'à fin juin, vous trouverez
en abondance eau et herbages. Ensuite, c'est cagnard et compagnie,
et plus rien à brouter...
Attention : pour circuler d'un pays à l'autre à
l'intérieur de l'Union Européenne, il faut posséder
un document appelé "certificat de circulation intracommunautaire
des équins". Ce papier se procure à la
Direction des Services Vétérinaires du Département,
qui dispose d'exemplaires bilingues français-castillan.
Un vétérinaire doit vérifier la bonne santé
de l'animal et remplir l'imprimé. Il est évident
que l'animal doit être vacciné contre la grippe équine,
la rage et le tétanos. Il faut ensuite faire tamponner
le papier à la Direction des Services Vétérinaires.
Vous avez alors dix jours pour franchir la frontière. Compte-tenu
du délai, cet ensemble d'opérations ne peut s'effectuer
qu'une fois en route, et le pèlerin-cavalier doit combiner
toutes ces tâches administratives avec la faible vitesse
de son équipage. En conséquence, beaucoup ignorent
ces formalités et les Autorités ferment les yeux.
Au retour d'Espagne, vous devriez normalement effectuer l'opération
inverse en terre ibérique, mais la frontière est
peu surveillée et la plupart des chevaux reviennent en
France sans problème et sans contrôle.
Il est formellement déconseillé d'emmener son
toutou marcher sur la section espagnole du chemin de Compostelle.
En Espagne en effet, nos petits compagnons sont prohibés
presque partout dans les hôtels, albergues, restaurants,
gîtes d'étape, trains, bus, jardins publics, etc...
Et pour revenir de Santiago, il vous restera une seule solution
: louer une voiture...
Plus grave : un chien va supporter facilement deux ou trois semaines
de marche en pleine nature, mais au-delà surviennent en
général des soucis. Les coussinets vivent mal le
contact permanent avec les graviers et les cailloux du chemin,
d'où formation de crevasses. Il faut alors traiter chaque
soir avec de la pommade, parfois consulter un vétérinaire,
voire s'arrêter plusieurs jours jusqu'à la cicatrisation
des plaies.
Autre problème : le manque de sommeil. Un chien
a besoin d'une quinzaine d'heures de repos absolu, ce qui est
en totale opposition avec nos rythmes de marche. Après
quelques semaines, votre toutou est totalement abattu et se couche
à la moindre pause.
Toutefois, nous vous signalons les hébergements acceptant
les animaux de compagnie. Attention, cela ne veut pas dire que
Médor dormira, comme à la maison, au pied de votre
lit. Mais qu'il sera admis à dormir, le plus souvent, dans
un patio ou autre lieu extérieur couvert.
Sur le chemin de Compostelle, certains restaurants ouvrent
désormais à des heures plus pratiques pour les pèlerins,
qui rêvent d'aller dormir plutôt que de faire le pied
de grue devant un établissement clos. Ne rêvez cependant
pas : dîner à 19h sera un luxe, et ce sera plus souvent
20h. Vous trouverez pour remplir votre ventre un menú del
dia (menu du jour) ou un menú del peregrino (menu
du pèlerin) à des tarifs sympathiques entre
7 et 12 euros.
Le vin (à consommer avec modération) est facturé
beaucoup moins cher qu'en France dans un restaurant, et vous pourrez
goûter aux divins nectars que sont devenus aujourd'hui certains
crus de la Rioja, la province la plus viticole de l'Espagne.